Portfolio Archive - Page 5 de 5 - SOPHIE TRINIAC
Sophie Triniac est une photographe et une vidéaste basée à Paris. Films institutionnels, artistiques, créatrice vidéo, photographe spécialisée PolaroÏd...
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celle celui qui

07 Oct Celle celui qui | Vidéos

Vidéos 

 

Celle celui qui est une série de huit vidéos mettant en scène des événements, des curiosités, des troubles, saisis spontanément dans la rue, dans la nature, dans une boutique, dans les transports.

Des détails de la vie quotidienne, sur lesquels on insiste et qui marquent un moment dans sa durée, faisant vivre le temps présent. Dans le fil d’une vie. Le temps passe mais les moments existent et vivent.

Rien n’unit les images de chaque vidéo sinon leur couleur, et surtout l’histoire d’un quotidien qu’elles font naître et résonner ensemble.

Celle qui parle à une tête d’oignon 

L’eau qui se noie dans son reflet

Celui qui danse dans le vent 

Le poisson qui court après la vague 

Le garçon qui se parfume dans le noir – Cette vidéo est devenue le clip du morceau Je suis venu te dire que je m’en vais, repris par Jonathan Orland, saxophoniste

Le chien qui rigole avec une vieille dame 

Celui qui se perd en rentrant le soir 

Celui qui poste un colis doré 

 

2015

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07 Oct Douceurs chinoises ǀ Livret

Les photographies de Douceurs Chinoises dressent un portrait très personnel d’une partie du nord-est de la Chine, vaste pays traversé en solitaire, en mai 2012. Sophie triniac a parcouru en bus et en train l’immensité des régions de Heilongjiang et de la Mongolie Intérieure, et vécu la densité de Beijing.

L’envie de vivre et de comprendre la Chine est née de diverses impulsions.

Sophie Triniac a accompagné pendant quelques mois à Paris des demandeurs d’asile dans leur démarche de demande de statut de réfugiés politiques; parmi eux, beaucoup de Chinois.

La photographe habite dans le 10ème arrondissement de Paris où des prostituées en grand nombre se disputent le mètre carré de trottoir afin de gagner quelques euros ; parmi elles, beaucoup de femmes originaires du nord-est de la Chine.

Intéressée par ces personnes ne parlant pas un mot de français, Sophie Triniac s’est lancée dans le dur apprentissage de cette langue asiatique fascinante, le mandarin. Pour qu’une communication soit, peut-être, envisageable.

Ainsi, sa curiosité pour le peuple chinois et leur culture grandissant, souhaitant mieux connaître leur pays pour mieux comprendre les raisons de son départ de Chine, l’artiste a décidé de « vivre » le nord de ce pays, seule, pendant trois semaines, loin des chemins touristiques, pour s’imprégner de ce contexte humain si éloigné du sien.

Ces photographies retracent cette pause méditative vécue, éloignée du connu, et tentent une image de ce pays, qui peut sembler si doux en un rapide coup d’œil. Mais la dureté de la vie est vite saisie si l’attention est plus profonde et la curiosité plus grande.

Le passé et l’histoire de la Chine disparaissent à coups de marteaux piqueurs ; l’eau, l’air et la terre sont pollués d’avantage chaque seconde; l’expression de chacun est emprisonnée par pouvoirs publics et mafias; la jeunesse ne jure que par mini-jupes et téléphones portables.

La douceur n’est qu’apparence…

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07 Oct Femmes de Ziguinchor, Si loin, si près ǀ Exposition

Les photos de Femmes de Ziguinchor, Si loin, si près ont été exposées au Sénégal et dans plusieurs villes d’Italie en 2009.

 

Si loin, si près s’inscrit dans un projet photographique réalisé à Ziguinchor, en Casamance, au sud du Sénégal.

L’ambition de ce projet est de donner la possibilité aux femmes de cette région de voyager grâce à leurs yeux dans leur ville pour découvrir l’autre. L’autre avec la même joie de vivre, l’autre avec la même douleur.

Ces portraits de femmes pris dans quatre quartiers de la ville, imprimés en grand format et exposés dans divers endroits de Ziguinchor, ont permis aux femmes de voir ces autres. Et de se regarder.

À travers ces photographies, ce sont des sourires qui se laissent découvrir, la fatigue, la beauté, la souffrance.

Des mères, des vendeuses, des démineuses.

Tout ce que la guerre a laissé. Tout ce qui existait avant, et ce qui a été créé.

Commande de l’Ong Cospe

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07 Oct En attendant Django | Projet

Le 8 avril, j’ai écrit dans mon livre Histoires d’une vie :

« Nous sommes le 8 avril 2013; notre fils naîtra dans trois mois. Une photographie marquera chacun des jours de ces trois mois. Quatre-vingt onze jours, quatre-vingt onze photographies. Quatre-vingt onze jours d’une symbiose entre lui et moi ».

De cette période ont émergé des photographies douces et sereines.

Non pas quatre-vingt onze car Django est né plus tôt précipitamment.

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des colombiens se tiennent la tête

07 Oct Déplacé en Colombie ǀ Reportage – Livret

La Colombie. Pays trop connu pour sa drogue, ses guérillas, ses enlèvements. Dans le silence, la population vit dans la terreur, subit ces combats, les fuit, devient d’un instant à l’autre dépossédée de tout bien, de tout projet. Errant dans son propre pays, migrant d’une aide à une autre.

Une vie familiale et économique instable et difficile.

Une vie de « desplazado ».

De déplacé interne au pays.

Sophie Triniac s’est rendue en Colombie en 2006 pour réaliser un reportage photographique sur ces personnes déplacées, documentant ces vies vécues au jour le jour, dans l’attente d’un travail, de nourriture, du retour d’un fils, d’un frère ou d’un mari.

Elle s’est appuyée sur le projet humanitaire des missionnaires italiens Scalabrini et a travaillé en tant que bénévole pour être au coeur de la vie des déplacé.e.s dans les camps de Tibú, Bogota et Cúcuta.

Zenaida, Luiz, Ines, Diana, Wilson et beaucoup d’autres sont souvent restés des années dans ces quartiers d’accueil, acceptant une vie nouvelle ou gardant sans cesse l’espoir de revenir sur leurs terres d’origine.

Au début de l’année 2012, le nombre total des déplacés internes officiellement enregistrés en Colombie depuis 1997 s’élevait à 3,6 millions. En vertu de la loi adoptée en août 2010, des mesures judiciaires et administratives ont été introduites pour permettre aux victimes des déplacements forcés de demander des réparations et la restitution de leurs terres. Néanmoins, l’application de cette loi demeure encore un défi majeur.

Déplacé en Colombie témoigne de la vie de ceux subissant massacres, tortures, exécutions, enlèvements, homicides sélectifs, disparitions forcées, actes de terrorisme, épurations sociales.

Commande de l’Ong Les Scalabrini

EXPOSITION : La photographie Les petites Colombiennes aux oeufs a été exposée dans le cadre de « Ensemble c’est tout », une exposition collective de 27 photographes de l’agence hans lucas, aux Grands Voisins à Paris – 19 juin 2016.

format 132 cm x 200 cm

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07 Oct Inde, le visible et l’invisible | Reportage

Visible cette nourriture exquise

Riz, thé, citron, curry, chapati

Je me souviens d’avoir été si gourmande.

Visibles les couleurs

Celles rayonnantes des saris, des fleurs des offrandes, du soleil levant sur le Gange

Je me souviens d’avoir acheté une jupe jaune.

Visible la pauvreté

Dans les rues de Delhi

Je me souviens de ces corps dormant allongés au sol, tels des morts dans un cercueil.

Visible la maigreur

Celle des rickshaws, hommes transpirant sur leur vélo tirant des êtres humains

Je me souviens de ce terrible mal aise, de ce besoin oppressant de descendre de cette charrette, d’aider cet homme à avancer, juste à tenir sur ses jambes.

Visible la spiritualité hindouiste

Cette entière dévotion

Je me souviens de m’être demandée si j’étais croyante.

Visible et majestueux le Taj Mahal

Cette blancheur, cette pureté, ce respect

Je me souviens d’avoir détesté les voix fortes des touristes occidentaux résonnant dans ce profond silence.

Visible la mort

Les mourants dans les rues et les gares, le bois qui brûlera leur corps, les bûchers où ils seront déposés, leurs os flottant sur le Gange

Je me souviens de cette odeur s’attachant à mon nez, à mes cheveux, à mes vêtements. A moi.

Visible ce chaos permanent

Trains, motos, camions, tuks tuks, toujours en action, jamais un arrêt

Je me souviens de ce sentiment d’agression motorisée, partout autour de moi.

Visible ce fourmillement urbain

Enfants, femmes, hommes, toujours là, jamais un espace libre

Je me souviens de vouloir m’enfermer seule dans une pièce pour fuir le dehors.

Invisibles les femmes

Hôtels, poste, banques, magasins, restaurants, grands marchés

Les femmes ne sont pas là

Je me souviens d’avoir demandé à cet homme où était sa femme, de sa réponse : « à la maison, et elle y est très heureuse ».

Visibles les femmes voilées

Ces visages couverts, ces mains gantées, ces pieds en chaussettes

Les femmes se cachent

Je me souviens de cette chaleur étouffante.

Invisible moi

Marchandage de la course de taxi, de la chambre d’hôtel

Je n’existais pas

Je me souviens de cette monnaie rendue à mon compagnon alors que j’avais payé le repas et remis les roupies dans la main de ce serveur.

Visible cette attente

D’un poisson au bord de l’eau, d’une pièce dans la main, d’un mariage arrangé, d’une naissance, d’une guérison, de connaissances, d’existence

D’une vie autre ou d’une vie ailleurs ou de cette même vie qui continue.

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